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Plusieurs contradictions à la fois politiques, conjoncturelles, diplomatiques et légales s'affrontent face au calendrier, voulu très technique, de la Commission Électorale Nationale Indépendante en RDC.

Entre différentes dates proposées d'une part par l'opposition plurielle Congolaise et la détermination de l'opposition radicale à « chasser monsieur Kabila » d’ici le 1er janvier 2018, s'interposent les Etats-Unis, les Nations-Unies, l’Union Africaine, l’Union Européenne pour calmer le jeu et imposer le calendrier Nangaa. Les discours sont variés et commencent à évoluer. Depuis une semaine, certains opposants radicaux et modérés proposent maintenant des dates et des idées, sans doute, inspirées du calendrier de la CENI pour les élections mais toutes sont toujours dans le glissement et des contradictions « constitutionnelles » justifiées… « avec ou sans Kabila. »

La classe politique congolaise, selon ses différentes tendances, propose les élections en 2018 et à chacune son mois de la même année. Les opposants y vont avec Avril 2018 pour les uns, Juillet 2018 pour les autres et enfin décembre 2018 pour la CENI et la majorité présidentielle. Toutes ces dates sont contradictoires et anti-constitutionnelles consacrant un glissement de fait, mais encore une fois justifiées pour différents auditoires dans un seul pays. Un signe d'une clairvoyance démocratique en RDC où depuis les époques 90 de la Conférence Nationale Souveraine, les débats ou mieux les déballages sont presque une culture malgré les épisodiques répressions.

La communauté internationale aussi tout en prenant acte du calendrier Nangaa qui dépasse les limites logiques de la loi suprême Congolaise, se dit prête à accompagner le processus électoral encours. La Monusco représentant les Nations Unies dans notre pays a déclaré, par sa porte-parole, la semaine dernière « regretter le report de la date des élections » mais reste partenaire de la CENI et du pays.

La même communauté internationale ne sais pas encore, d'ailleurs, quelles rubriques elle va financer dans ces élections tant attendues avec sa contribution peut significative, selon certaines langues. Les Etats-Unis et certains diplomates ont décidé de « supporter » encore le président Joseph Kabila jusque fin 2018, qualifiant même sa démission réclamée par l'opposition radicale congolaise de stupide et de pas à mettre sur la table.

Une semaine, depuis le 05 Novembre 2017 jour de la publication du calendrier de la CENI pleine de révélations vient de s'achever et annonce des rebondissements. Qu'est ce qui va primer entre l'extrême volonté d'en découdre avec le régime en place et « l’absolution géopolitique envoûtante » qui auréole le pouvoir de Kinshasa ? Dans notre pays tout le monde dirigeant est hors mandat. Les députés nationaux de la majorité et de l'opposition, les sénateurs de chaque rive et pourtant ne reste qu'une autre porte de l'après Joseph Kabila comme ex-président. Il sera, au terme de la loi, le premier sénateur à vie du pays. Ici encore une autre contradiction justifiée s'invite dans le débat si il faut le faire partir avant les élections, lesdites élections qui seront toujours dans une prolongation !

Le débat Congolais est, certes ici ,encore passionnant mais avec ses contradictions justifiées , tout le monde a tort et raison à la fois.

(Magloire Paluku)