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Mondial2018; Trop gentil, ce Brésil

Vincent B 18, Juin, 2018

COUPE DU MONDE - Le Brésil a déjoué face à la Suisse dimanche à Rostov (1-1). La Seleçao n'a pas su répondre au défi physique imposé par la Nati. Malgré tout son talent, il lui faudra trouver l'agressivité qui lui a fait défaut pour assumer pleinement son statut de favori. Notre antisèche.

Le jeu : Ce n'était pas le Brésil

On a vu le vrai visage du Brésil pendant un quart d'heure, celui où il a d'ailleurs trouvé l'ouverture en première période. Avec un pressing haut, coordonné, des mouvements tranchants et des combinaisons précises. Mais un quart d'heure, c'est trop peu. Et si les Brésiliens ont déjoué le reste du temps, la Suisse n'y est vraiment pas pour rien. Elle a mis toute l'intensité physique et l'agressivité nécessaires pour compenser l'écart technique qui la sépare de la sélection auriverde. Parfois au-delà de la limite, notamment sur Neymar. Mais le résultat valide totalement son plan de jeu.

Les joueurs : Sommer, digne gardien du mur suisse

La Suisse a mis tout son cœur à défendre, mais elle avait aussi un dernier rempart quasiment infranchissable. Yann Sommer a signé des parades importantes pour concrétiser au tableau d'affichage une combativité suisse incarnée par Valon Behrami, véritable pitbull collé aux basques de Neymar, et Fabian Schär, impérial dans les airs et décisif sur la meilleure occasion brésilienne en fin de match.

Du côté auriverde, Neymar a beaucoup souffert sur les contacts et n'a jamais vraiment pu montrer l'étendue de son talent. Philippe Coutinho y est davantage parvenu, notamment sur son but magnifique, tandis que Gabriel Jesus a franchement déçu avant de céder sa place à Firmino.

Le facteur X : La facilité brésilienne

L'arbitrage peut évidemment faire débat, en particulier sur le but égalisateur suisse, entaché d'une petite "poussette" de Steven Zuber sur Miranda. Mais le Brésil aurait surtout pu s'épargner le corner à l'origine de cette égalisation. Il s'est mis en difficulté tout seul sur une relance défensive jouée avec trop de facilité, sans effort de déplacement, sans rigueur dans la transmission. Le genre d'erreur qui se paie cash. Cela s'est vérifié. Et même si les Brésiliens pourront se plaindre, à juste titre, de certaines décisions arbitrales, ils auraient tort de justifier leur résultat sur ce seul paramètre.

La stat : 40

Le Brésil avait systématiquement gagné son match d'ouverture depuis un nul concédé face à la Suède en 1978 (1-1). Depuis, que ce soit face à l'URSS en 1982 (2-1), à l'Espagne en 1986 (1-0), à la Suède en 1990 (2-1), au Cameroun en 1994 (3-0), à l'Ecosse en 1998 (2-1), à la Chine en 2002 (4-0), à la Croatie en 2006 (1-0) et 2014 (3-1), ou à la Corée du Nord en 2010 (2-1), la sélection auriverde avait toujours débuté le Mondial par une victoire. La Suisse a mis fin à une série qui durait depuis 40 ans. Ce n'est pas une mince performance pour la Nati.

La question : Le Brésil s'est-il vu trop beau ?

C'est vrai que nous les avions remis sur piédestal. Ce n'était pas par hasard. Le Brésil a bien changé depuis 2014 et s'il a regagné du crédit depuis le cauchemar allemand, c'est bien sur le terrain. Par sa qualité collective, par sa dimension athlétique, par son talent offensif… Mais surtout par sa mentalité. Tite a bâti une équipe de gagneurs. Et c'est justement ce que l'on n'a pas vu dans ce match face à la Suisse.

Les Brésiliens se sont faits bouger. C'était écrit. La Suisse était condamnée à emmener le Brésil vers un défi physique pour se donner une chance d'obtenir un résultat. La Seleçao avait les moyens d'y répondre. Elle n'a pas su le faire. Et si elle a dominé les débats sur le plan technique, l'équipe de Tite est restée beaucoup trop neutre dans l'agressivité pour rivaliser avec la Suisse sur le plan physique. Et elle a fini par déjouer.

Le Brésil s'est vu trop beau. Il a cru que ses qualités suffiraient pour venir à bout de la Suisse. Et le but de Coutinho après un début de match pas vraiment abouti l'a certainement conforté dans cette illusion. Mais le talent ne suffit pas en Coupe du monde. Même pour une équipe comme la Seleçao, il faut donner plus. Cette leçon lui a coûté deux points face à la Suisse. Mais il lui appartient désormais de la retenir pour faire de la suite de son tournoi ce parcours glorieux que beaucoup lui ont prédit.

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