+243990262084

Mondial 2018, Quoi, quand, comment… le dictaticiel pour tout savoir sur la VAR

Serge K 17, Juin, 2018

COUPE DU MONDE - La Coupe du monde n'a pas débuté depuis une semaine que l'assistance vidéo à l'arbitrage est déjà un des principaux sujets de discussion. Si la VAR a ainsi déjà sauvé la France, sa non-utilisation a frustré les Argentins. Pour y voir plus clair, le point complet sur son but et ses modalités.

La VAR, quid ?

C'est sans doute le sigle le plus recherché actuellement sur le Net. Google prévoit même que le pic d'occurrence ne soit atteint pour cette semaine. La VAR, pour Video Assistant Referee ou assistance vidéo à l'arbitrage en français, fait son apparition en Coupe du monde en 2018. Cette technologie permet l'utilisation des images pour permettre à l'arbitre de prendre (ou non) une décision à la suite d'une action litigieuse. Mais attention, elle ne peut être employée à tort et à travers.

La VAR, quand ?

Le cadre "légal" de l'utilisation de la vidéo est très clair. La VAR ne peut être employée que dans quatre cas précis :

  • Après un but marqué. L'arbitre assistant vidéo aide l'arbitre à déterminer si une action doit annuler un but inscrit. Ce fut notamment le cas lors de la dernière finale de la Coupe de France où une réalisation de Kylian Mbappé (PSG) contre Les Herbiers avait été invalidée à la suite d'une main de Marquinhos plus tôt dans l'action.
  • Pour un penalty. L'arbitre assistant vidéo doit appuyer l'arbitre dans sa décision de siffler, ou non, un penalty et s'assurer "qu'aucune décision clairement incorrecte ne soit prise" pour reprendre les termes de la FIFA. Le but d'Antoine Griezmann ce samedi en est l'illustration parfaite, alors que l'arbitre n'avait pas immédiatement sifflé sur la faute du joueur australien sur l'attaquant tricolore.
  • Pour un carton rouge. L'arbitre assistant vidéo doit veiller à ce que l'arbitre ne prenne "aucune décision clairement incorrecte" au moment d'exclure, ou non, un joueur possiblement fautif.
  • Pour une erreur d'identité suite à un carton. L'arbitre assistant vidéo doit s'assurer que l'arbitre n'adresse pas un carton jaune ou rouge au mauvais joueur.

La VAR, comment ?

Pour faire appel à la VAR, le processus est lui aussi cadré. La FIFA explique celui-ci de manière limpide dans une vidéo sur site dédiée à cette technologie. Tout se passe en trois étapes :

1) Un incident de jeu rentrant dans les quatre situations décrites ci-dessus se produit.

2) L'action est visionnée par l'arbitre assistant vidéo. L'analyse est ensuite initiée par l'arbitre, pour appuyer sa décision, ou par la VAR qui prévient alors l'arbitre d'une situation litigieuse. L'arbitre assistant vidéo informe alors par oreillette ce que la vidéo montre.

3) L'arbitre a alors deux choix : celui d'accepter la décision de l'arbitre assistant vidéo et d'appliquer celle-ci avec les mesures adaptées, ou de visionner les images de l'action lui-même sur le bord du terrain pour faire son choix. C'est ce dernier cas qui a conduit l'arbitre de France - Australie à accorder le penalty aux Bleus ce samedi.

La VAR, pourquoi ?

Entre la théorie et la pratique, la vidéo n'évite pas les débats, bien au contraire. Le centre unique d'arbitrage vidéo de cette Coupe du monde, installé à Moscou et qui informe ensuite tous les stades comme la NBA le fait, n'a pas chômé.

Mais la VAR n'est pas destinée à être utilisée systématiquement par les arbitres. Lors de Portugal - Espagne, M. Rocchi n'a ainsi pas fait appel à l'assistance technologique lors du premier but espagnol signé Diego Costa malgré un contact suspect au départ de l'action entre l'attaquant espagnol et le défenseur portugais Pepe. M. Marciniak, l'arbitre d'Argentine - Islande, a fait de même alors que trois situations chaudes (un centre de Meza touché involontairement par une main d'un défenseur en première période, le penalty sifflé en faveur de l'Argentine puis celui non sifflé pour l'Albiceleste en deuxième période) auraient pu le justifier.

Alors avare de décision la VAR ? Comme l'expliquait Clément Turpin, en mai dernier à l'AFP, "l'arbitre sera toujours le décideur au moment de la situation". "La vidéo sera une aide, un soutien, mais le décideur au départ de l'histoire c'est l'homme, et à la fin de l'histoire, c'est l'homme" a insisté le seul arbitre français présent au Mondial. Pierluigi Collina, président de la commission des arbitres de la FIFA, confirme, expliquant ainsi que "l'objectif n'a jamais été de vérifier chaque incident mineur et il y aura toujours des cas où différentes opinions seront possibles". Ce début de Coupe du monde l'a prouvé. N'en déplaise à ceux qui espéraient que la vidéo réglerait toutes les polémiques.

Partager ceci