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Mali, le QG de la force du G5 Sahel frappé par un attentat-suicide

Sebastien RFI 30, Juin, 2018

Au Mali, le quartier général de la force conjointe du G5 Sahel a été ciblé ce vendredi 29 juin par une attaque, dans le centre du pays à Sévaré. Le bilan fait état d'au moins trois morts.

Selon plusieurs sources au sein de la force G5, l’attaque terroriste s’est déroulée au moment de la prière de ce vendredi. Au moins un kamikaze était à bord d’un véhicule-bélier piégé, peint aux couleurs des forces internationales. Quand il a explosé, les témoins rapportent un « très grand bruit ». Le mur d’entrée du camp a été soufflé. Le véhicule a été projeté à l’intérieur du camp.

Des images montrent de la ferraille – tout ce qu’il reste de la voiture. La déflagration a été si forte que les murs, les plafonds de certains bâtiments du camp de l’armée malienne situé non loin du QG de la force conjointe ont tremblé.

A l’hôpital, des sources donnent le premier bilan : deux militaires et un civil tués, quatre autres militaires et un civil blessés. L’explosion a également détruit un bâtiment. Quatre suspects auraient été arrêtés, selon le gouverneur de Mopti. Trois ont été emmenés à l'hôpital et un à la gendarmerie.

Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, principale alliance jihadiste du Sahel, liée à al-Qaïda, a revendiqué l'attentat dans un appel téléphonique de l'un de ses porte-parole à l'agence privée mauritanienne Al-Akhbar, connue pour recevoir et diffuser régulièrement des communiqués de cette mouvance.

Il s'agit de la première attaque contre ce quartier général de la force conjointe du G5 Sahel (regroupant le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Mauritanie et le Tchad) lancée en 2017 pour lutter contre les jihadistes. Elle intervient à trois jours d'une rencontre à Nouakchott, en marge du sommet de l'Union africaine dans la capitale mauritanienne, entre le président français Emmanuel Macron et ses homologues du G5 Sahel.

Une attaque « terroriste », selon Mahamadou Issoufou

L’attaque a été qualifiée de « terroriste » par le président nigérien Mahamadou Issoufou, par ailleurs président en exercice de la force G5. Selon les observateurs, les assaillants ont voulu délivrer plusieurs messages. Le premier est clair, et Mahamadou Issoufou le rappelle dans un communiqué : « Le dessein de cette attaque est de déstabiliser l’un des instruments essentiels pour la stabilisation de la sous-région », écrit-il.

En clair, les assaillants ne veulent pas entendre parler cette force. Ils savent que les cinq pays du Sahel, œuvrant main dans la main, peuvent les étouffer, ou en tout cas empêcher leur installation durable dans des localités, mais surtout aux frontières des pays membres de la force conjointe G5.

En visant le quartier général de la force G5, ces assaillants espéraient aussi endeuiller par une seule opération les armées de plusieurs pays de la sous-région. Les partenaires de la force conjointe, notamment Barkhane et les casques bleus, qui fréquentent souvent le camp attaqué, étaient également visés.

Mais Sévaré est sur le territoire malien. Le premier tour de l'élection présidentielle se déroule dans 29 jours et les forces attaquées devaient appuyer l’armée malienne dans le cadre de la sécurisation du scrutin. En les attaquant, ces assaillants ont aussi probablement voulu faire passer cet autre message : « Nous ne voulons pas de fête électorale ».

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